J'avais 21 ans.
Des envies. Le désir de donner autant que je le pouvais à ceux qui comptaient vraiment comme à ceux que je pouvais peut-être aider par une parole ou un geste. Pas forcément de retour, mais après tout quand on donne, c'est pour donner et pas pour ce qu'on aura en échange. Parce que quand on n'attend rien, on n'est jamais déçu.
Des peines mais pas de regrets. Quand on aime les choses, les gens, tout ne se finit pas forcément bien. Des trahisons, peut-être. Mais après des moments que rien ne peut effacer, des instants de complicité, de confiance et d'amour indescriptibles. Du bonheur, simplement. Et si au bout du compte ça fait mal, ça en valait la peine.
Des coups durs. Des choses qu'on n'a pas méritées, qui nous tombent dessus parce qu'il en faut bien une. Et qui font au final qui l'on est aujourd'hui. Parce que la vie n'est pas toujours rose, pas toujours noire... C'est ce qui fait son charme. Le bonheur sans le malheur n'est pas le bonheur. On ne savoure pas le goût du miel si on ne connaît pas celui du vinaigre.
Des rêves. Visions d'avenir qui resteront peut-être dans l'imaginaire. Une guitare dans un coin, un clavier jamais bien loin... Ma voix. La seule chose dont je sois un peu fière. Celle sur qui je peux compter, n'importe où, à n'importe quelle heure, quand ça ne va pas et quand ça va. Elle me vide, me remplit, m'ancre sur Terre ou m'envoie au ciel. Expire mes démons dans l'air et sublime mes anges sur un air.
J'avais 21 ans. Je les ai encore pour quelques temps. Reste à savoir si j'aurais encore tout le reste ensuite. Les rêves resteront. Les envies changeront certainement. Les couteaux se retireront, les plaies se refermeront, jusqu'à ce qu'on frappe encore au même endroit ou ailleurs. Tant mieux. Vivre sans aucune ancienne blessure, ne rien connaître du mal, c'est certainement ça le pire.
Le vinaigre et le miel...